Un nouvel ouvrage consacré au Turonien du littoral normand vient de paraître aux Carnets de Géologie. Il est disponible publiquement au téléchargement.
Hoyez B., Girard J. & Cottard N. (2026).- Le Turonien de Normandie et des confins picards. Volume 1. Stratigraphie générale. Stratigraphie du littoral.- Carnets de Géologie, Madrid, ISBN13: 978-2-916733-20-3, Book 2026/01 (CG2026_B01), 315 p. DOI: 10.2110/carnets.2026.0001 URL: https://carnetsgeol.net/cg/BOOKS/CG2026_B01/CG2026_B01.pdf
Eboulement du 16 aout 2026 (post Facebook Bernard Vanpeer)
Dans la nuit du 15 au16 août 2026, cet éboulement est rapporté par la presse locale. Il est situé à environ 200 mètres de la plage de Mesnil-Val (Criel-sur-mer), sous la rue des Vikings. La base de la falaise est du Turonien supérieur et le sommet du Coniacien inférieur.
La municipalité de Criel-sur-Mer rend compte de cet éboulement survenu dans l’après-midi du 4 août 2025 à une centaine de mètres à l’Est de la plage de Mesnil-Val. Cet éboulement affecte les craies du Turonien et du Coniacien. On y reconnaît, surlignée en bleue, la bentonite Lewes du Turonien supérieur.
La tempête Darragh a déferlé sur les falaises de craie au cours des 7 et 8 décembre 2024. Les houles énormes ont secoué les cordons de galets qui s’appuient généralement au pied de la muraille de craie. En lévitation, les galets soulevés ont reflué vers le large sous l’effet de la vague de retour. Ils se sont accumulés sous la forme d’une levée de plusieurs mètres de hauteur, à quinze ou vingt mètres de la falaise. Entre cette levée et la falaise, le substratum crayeux a été découvert et nettoyé par le brassage des galets. Le plan incliné maçonné qui protège le perré d’Etretat a été surcreusé, laissant les escaliers d’accès à la plage pendants sur le vide. La ville en a profité pour renforcer la base, à grand renfort de pompes à béton.
Sur la plage de la valleuse d’Antifer, un beau platier immaculé a été mis au jour. Une occasion rare d’observer, de manière surfacique, le passage du Cénomanien au Turonien. L’ensemble des hardgrounds Antifer y était accessible. Jérôme Girard a dégagé une belle Actinocamax plenus et de nombreuses Metoicoceras geslinianum au-dessus du HG Antifer 2a. De nombreuses Fagesia étaient directement posées sur le HG Antifer 3c, ce qui permet d’attribuer à cette zone d’ammonites l’ensemble de l’horizon A de Juignet. Au-dessus, de nombreuses Mammites nodosoides ont été observées. Voici le survol par drone qui a été réalisé au cours de cette journée.
Un éboulement a affecté toute la falaise vers le 10 avril 2024 (date à préciser). Il est situé entre la plage de Puys et la gare maritime transmanche. Ce secteur, à l’ombre des courants de dérive littorale imposée par la longue jetée, est dégarni de cordons de galets protecteurs. Les éboulements y sont donc assez fréquents, malgré l’installation d’une ligne de tétrapodes destinés à briser les houles. Un blockhaus et son épaisse dalle de béton étaient déjà tombés. Ils ont été rejoints par d’autres reliques de la dernière guerre. Le talus d’éboulis rend provisoirement accessible le contact entre le Turonien et le Coniacien, rendu inaccessible aujourd’hui par l’engrillagement de la falaise du côté ouest.
La dérive littorale le long du Pays de Caux est un processus naturel causé par les vagues et les courants qui déplacent le sable et les sédiments le long de la côte. Dans cette région, la dérive littorale agit généralement d’ouest en est, sous l’influence des vents dominants et des courants marins. Les galets et les sédiments sont transportés par les vagues le long de la côte, créant des formations telles que des plages en pente, des cordons de galets et des falaises érodées. L’érosion côtière peut menacer les infrastructures côtières et les habitations et les zones de loisirs, ainsi que perturber les écosystèmes côtiers. Pour lutter contre les effets néfastes de la dérive littorale, diverses mesures de gestion côtière ont été mises en place dans la région, telles que la construction de digues, de brise-lames, de récifs artificiels et d’épis côtiers. Les épis côtiers sont des structures perpendiculaires au littoral qui interceptent le transport des sédiments dans la zone de déferlement. La structure principale de l’épi est construite à l’aide de matériaux résistants tels que des roches, du béton ou des structures géotextiles. Ces matériaux sont empilés ou coulés en place pour créer une barrière solide contre les vagues. Ici, on peut voir que des palplanches ont été battues avant de recevoir un couronnement de béton. Avant les travaux, une étape préliminaire est l’évaluation des conditions côtières. Elle implique une analyse détaillée des conditions côtières, y compris les marées, les vagues, les courants, les niveaux d’eau, la topographie et le type de sol. Ces informations aident à comprendre les causes de l’érosion et à déterminer le meilleur emplacement pour les épis. Des modèles numériques peuvent être utilisés pour simuler l’impact des épis sur les conditions côtières. Ces modèles peuvent prédire comment les épis affecteront les courants, la sédimentation et l’érosion. Les épis côtiers peuvent avoir des effets variés sur l’évolution de la falaise, à la fois positifs et négatifs :
On constate ici une érosion accrue en aval : les épis côtiers peuvent interrompre le transport naturel des sédiments le long de la côte, ce qui peut entraîner une érosion accrue en aval de la structure. Cela se produit parce que les sédiments qui seraient normalement déposés le long de la côte sont retenus par l’épi, laissant la côte en aval sans la nouvelle couche protectrice de sédiments. A l’amont, il se produit une accumulation de galets, débordant parfois l’épi. A l’aval, le platier est découvert et érodé. La marne Bridgewick est ici très bien dégagée. Seuls quelques gros blocs éboulés résistent au déplacement par les courants. Le bas de la falaise est surcreusé et perforé sous forme de grottes.
Le Trou de la Mine, une cavité karstique dégagée par la mer. Deux images, séparées par un éboulement, l’une en 2012, l’autre en 2023, lors d’une sortie de reconnaissance de la limite Turonien – Coniacien entre la Porte d’Amont et le Roc Vaudieu, avec Jérôme Girard.
La presse locale et les réseaux sociaux rapportent qu’un éboulement s’est produit vers 13 heures le jeudi 17 novembre à Criel-sur-Mer, emportant un modeste pan de falaise sous la rue du Chewington, à l’angle de la rue Cyriaque Colliez. Ce site urbanisé fragile est partiellement interdit à toute circulation depuis 2013.
Cliché extrait de « L’informateur »
Les fortes pluies qui étaient tombées les jours précédents (et le matin même où nous y étions pour étudier le passage Turonien – Coniacien) sont une cause majeure du déclenchement de cet événement.
La limite entre les étages Turonien et Coniacien accessible à l’Est de l’épi de Criel