Archives de catégorie : hydrogéologie

Eboulement au Cap de Belval

C’est un secteur souvent ignoré des promeneurs, entre la Porte d’Amont et la valleuse d’Etigue. Cinq kilomètres entre les deux accès, difficiles à parcourir sur les lapiés tranchants ou les blocs glissants. Mais, il comporte deux beaux pitons marins, le Roc Vaudieu et la frêle Aiguille de Belval, qui n’ont rien à envier à leur célèbre voisine l’aiguille d’Etretat.
En face de l’Aiguille de Belval subsiste un cap et un récif qui témoignent d’une même avancée vers la mer, aujourd’hui déchiquetée. A l’Est, protégée des courants par le cap, la Fontaine aux Mousses développe un vaste cône de travertins.
Le Cap de Belval (appelons-le ainsi puisqu’aucune toponymie n’est figurée par l’I.G.N.) est intéressant stratigraphiquement car il est associé à un monticule sédimentaire assez plat qui fait remonter le Turonien supérieur au-dessus de l’estran.
Au cours d’une dernière visite, un éboulement important a été constaté sur une largeur d’une cinquantaine de mètres et une projection d’une quarantaine de mètres vers la mer. Il n’a pas encore été signalé à notre connaissance. Le Coniacien inférieur jusqu’à la marne Shoreham a été emporté, recouvrant le Turonien supérieur.

Eboulement du Cap de Belval constaté le 25 mars 2021 en regardant vers l’Est
Le Cap de Belval, photographié le 17 septembre 2009. Remarquer le récif en face du cap qui a été partiellement recouvert par l’éboulement.

Eboulement de falaise à Douvres

Les falaises de Douvres (UK), entre Samphire Hoe et le port, formées de craies du Cénomanien et du Turonien sont fragiles, tendres, avec peu de silex. Comme leurs homologues de Seaford et de Birling Gap, elles ont été, cet hiver pluvieux, l’objet de nombreux éboulements souvent spectaculaires.
La capture vidéo de ces événements est exceptionnelle, bien que l’usage du smartphone la rende plus aisée. Ainsi, cette vidéo dont l’auteur n’est pas mentionné a été diffusée sur BBC South-East.
On remarquera que la falaise est découpée par des joints parallèles, d’origine tectonique, appelés « master-joints » (joints-maîtres affectant toute la hauteur de la falaise). Ces joints (ou diaclases) sont des surfaces de rupture et de décollement privilégiées, surtout lorsque leur direction (orientation) avoisinne le trait de côte.
La rupture s’accompagne très vite d’une désorganisation et d’un émiettement du bloc effondré, a contrario de l’éboulement filmé de Saint-Jouin-Bruneval.

Eboulement à Douvres (source BBC South-East)

Les falaises souffrent

Est-ce le fait des épisodes pluvieux récents et prolongés, les falaises semblent subir une recrudescence d’éboulements. Il ne s’agit que d’observations ponctuelles car il n’y a pas de recensement officiel général.
Aux Grandes Dales, ainsi qu’aux Petites Dales, les accès à la plage ont été sérieusement endommagés. Des barrières ont été posées pour interdire au public de longer les falaises.


Falaise à l’Est de la plage des Grandes Dales avec de nombreux arrachements. L’escalier est devenu impraticable. Remarquer la zone blanche sur l’estran indiquant un fort dégraissement en galets à l’arrière de l’épi. Sans l’effet amortisseur que ceux-ci apportent à la houle, l’érosion basale est importante.
Falaise à l’Est de la plage des Petites Dales. Le sous-cavage du pied de falaise est responsable de surplombs de plus de 2 mètres. Un éboulement très important est prévisible à brève échéance.

Eboulement du 31 décembre 2020

Un éboulement s’est produit le jeudi 31 décembre vers 12h entre l’escalier de la valleuse de Grainval, à Saint-Léonard, et la plage de Fécamp.
Vidéo extraite du Courrier Cauchois.
Cet éboulement concerne le Coniacien moyen (série très épaisse localement).

Le Cénomanien normand

Sortie de l’ouvrage « Le Cénomanien du littoral normand, entre la Valleuse d’Antifer et le Cap de La Hève » co-signé Bernard Hoyez, Jérôme Girard et Nicolas Cottard.

Cet étage géologique, le premier de la craie, affleure continûment sur une bonne vingtaine de kilomètres dans les falaises de la Pointe de Caux.

La stratigraphie et la paléontologie de ce site géologique remarquable ont été mis à jour.

Publié dans la revue « Carnets geol. » (licence Creative Commons), le livre est accessible à tous. Vous pouvez le télécharger :
http://paleopolis.rediris.es/cg/fr-index_books.html…

Nous remercions tous les contributeurs amis qui nous ont aidés dans cette opération (sorties communes sur le terrain, consultation de collections privées, aide dans les déterminations spécifiques, relecture,…). Merci encore.

Eboulement au N de la valleuse de Bruneval

Un éboulement assez important a été constaté à environ 150 m au Nord du nouveau perrey de Bruneval. La date exacte est inconnue et demanderait à être précisée (selon J.-M. Levasseur qui l’a découvert le 11 mai, il devrait s’être produit début mai). Environ les deux tiers inférieurs inférieurs ont été emportés, soit stratigraphiquement le Cénomanien (au-dessus du HG Bruneval 2) et le Turonien inférieur et moyen (au-dessous des HGs Tilleul).
La construction du perrey bétonné, armé d’un parement de blocs de quartzite, a vraisemblablement déporté l’attaque des houles et fragilisé les zones adjacentes. La zone nord, avec cet éboulement, semble la plus sensible. La zone sud a également souffert : le parement basal maçonné a été largement dégagé, laissant la base de la falaise directement affronter les assauts de la mer.
D’autres éboulements pourraient être enregistrés dans un avenir proche.

Recul du trait de côte

paris-normandie

Ce lundi 27 juillet, la presse locale rend compte d’une étude faite par le CEREMA.
Afin de mettre en place une stratégie locale de gestion du trait de côte sur son littoral, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) a chargé le CEREMA d’entreprende une étude pour :

  • estimer le recul du trait de côte sur le littoral seino-marin, sur plusieurs pas de temps : 20, 50 et 100 ans ;
  • lister et estimer les enjeux concernés par le recul du trait de côte ;
  • sensibiliser les collectivités et en particulier les élus ;
  • s’inscrire dans la démarche nationale de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte.


Eboulement au Blanc-Nez

La Côte d’Opale est tout aussi sensible aux éboulements que la Côte d’Albâtre. Un bel éboulement s’est produit dans la craie entre le Cran d’Escalles et Sangatte, au début de juin 2020. Les fortes pluies de l’hiver auxquelles ont succédé chaleur et sécheresse sont données comme responsables de la recrudescence de rupture dans la falaise du Boulonnais.

Eboulement de début juin 2020, image extraite d’une vidéo publiée dans le Courrier Picard.

Eboulement à Dieppe le 14 février 2020

Les falaises de craie sont très sensibles en ce moment. Pluie, vent et grandes marées sont en partie responsables d’éboulements conséquents : Cap Fagnet à Fécamp, Sainte-Adresse ou encore ici entre Dieppe et Pourville, un secteur qui a suvi ces dernières années des effondrements volumineux et spectaculaires.
La vidéo est extraite d’un tweet France 3 Haute-Normandie.