Le passage Cénomanien – Turonien au Tilleul
Le contact Cénomanien – Turonien peut être touché à Saint-Jouin Bruneval, au Cap Fagnet à Fécamp, mais la coupe la plus classique est celle du Tilleul, entre la Pointe du Fourquet et la valleuse d’Antifer. Sa description principale revient à Juignet (1974) et Juignet & Kennedy (1974). Depuis lors, d’autres travaux ont apporté des précisions supplémentaires :
- R. Mortimore & B.Pomerol (1987),
- B. Pomerol & R. Mortimore (1993),
- B. Ferré (1995),
- E. Branthomme (1997),
- L. Morel (thèse, 1998).
Cette dernière étude intègre les résultats précédents et nous en reprendrons les figures.

Le passage Cénomanien – Turonien, d’après L. Morel (1998). Les repères colorés ajoutés sont ceux représentés sur les clichés de ce site.
La numérotation des bancs (1 à 21) est celle utilisée par Branthomme (1997), celle allant de 1 à 44 est celle de Morel (1998). Du point de vue paléontologique, on retiendra :
- La dernière occurrence de Metoicoceras geslinianum dans le banc 15 (B),
- La présence de Mammites nodosoides sur le hard-ground à grandes ammonites (banc 18, B).
La limite Cénomanien – Turonien passe donc entre les bancs 15 et 18, d’après les ammonites.
Pour les foraminifères planctoniques, Ferré retient la succession zonale suivante :
- T.R.Z. (total range zone ou zone d’extension totale) à Rotalipora cushmani,
- P.R.Z. (partial range zone ou zone d’extension concomitante) à Whiteinella archaeocretacea.
La limite de ces deux zones est antérieure à la limite C/T.
Il reconnaît :
- la zone à R. cushmani (disparition de R. greenhornensis au-dessus du HG Antifer 1b et disparition de R. cushmani au niveau du HG Antifer 2).
- le premier foraminifère planctonique typique du Turonien, Helvetoglobotruncana helvetica, n’apparaît cependant qu’ au-dessus du banc 21 (B).
Pour les foraminifère benthiques, entre les hard-grounds Antifer 1b et Antifer 2, il note une chute de diversité spécifique qui s’apparente à celle observée au sommet de la zone à R. cushmani.
En bref, il semblerait donc que la limite C/T se situe au-dessus du HG Antifer 3c.
Isotopes stables (Morel, 1998)
Le rapport isotopique du carbone varie entre 1,66°/°° et 4,09°/°°, avec des maxima au sommet de la craie à A. plenus.
La valeur du rapport isotopique de l’oxygène varie entre -4°/°° et -2°/°°.
Retour à l’ étage Cénomanien