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Intervalle T7 (10,2 m)

Cet intervalle s’étend entre la marne Hâbleville (supposée Bridgewick) et la marne Lewes. Il est caractérisé, à sa base, par une succession massive de hard-grounds (hard-grounds Senneville) et, à son sommet, par des silex tubulaires.
Les hard-grounds Senneville ont été définis initialement sous le terme de HG Eletot par Mortimore & Pomerol (1987), puis désignés HG Senneville par Quine (1988) et par Juignet & Breton (1994). Habituellement, on ne retient que deux hard-grounds (HG Senneville 1 et 2) qui montrent une belle surface perforée et phosphatée. Le HG Senneville 3, ici ajouté, est une craie noduleuse durcie dont la surface supérieure n’est pas aussi franche.
Dès le HG Senneville 2, les silex, disparus dans les six mètres inférieurs, réapparaissent et deviennent même assez abondants dans le HG Senneville 3.
Juignet & Breton (1994) considèrent le HG Senneville 2 comme une surface de transgression, avec un flux de Céphalopodes (Subprionocyclus neptuni, Lewesiceras mantelli, Scaphites geinitzi, Hyphantoceras reussianum, Eubostrychoceras saxonicum). De même Lasseur (2008) en fait le début de sa séquence 6.1. Les Nautiles sont communs. Les HG Senneville ont fourni également à Mortimore & Pomerol (1987) Micraster corbovis (lata zone tye), des Gastéropodes, des Ammonitess, des Rhynchonellidés et Holaster planus, dont l’assemblage est, selon eux, comparableaux couches présentes sous la marne Bridgewick 3 et sous le « Chalk Rock » de Douvres.
La comparaison lithologique peut être faite avec l’Angleterre, avec le faciès condensé du « Chalk Rock » de l’E de l’Angleterre, par exemple du Norfolk (Trunch) ou les « Lighthouse Down Hardgrounds » du Kent (Douvres). Dans les zones plus profondes (Sussex en Angleterre ou région de Dieppe en France), ce faciès est moins contrasté. On peut également les faire correspondre aux hard-grounds Vévigne (Hoyez, 2008) à Etretat, compris entre la marne Southerham et les monticules à silex en gros bancs.
A l’instauration du faciès Chalk Rock, c’est-à-dire au début des craies durcies de Senneville, avant même le niveau marneux Bridgewick, correspondrait une phase de refroidissement, traduite par l’accroissement du d18O (phase III de Wiese & Vogt, 2002). Un minimum du d13C et du niveau eustatique (événement Bridgewick de Jarvis et al., 2006) y correspond. Il y fait suite un réchauffement et une élévation du niveau marin. La surface d’inondation correspond au sommet du HG Sennneville 2. La MFS se situe au-dessus de la marne Lewes (Lasseur, 2008) ou au-dessous de la marne Lewes et correspond au pic du d13C (Jarvis et al., 2006) ou événement Hyphantoceras / Hitch Woods à 89,8 Ma.
Au-dessus des hard-grounds Senneville, sur 5 mètres d’épaisseur, réapparaissent des craies blanches homogènes, sans les maculations grisâtres qui prévalaient au-dessous. Les silex noirs sans cortex sont abondants, isolés et très dispersés dans la partie inférieure. Ils semblent avoir été fracturés et déplacés. Vers le haut, ils deviennent plus stratifiés et s’accompagnent de niveaux de craie noduleuse.
Un sheet-flint très mince est disposé à une cinquantaine de centimètres au-dessus des hard-grounds Senneville.
Le niveau de silex situé à 3,7 m au-dessus du HG Senneville 3
est un exemple de réseau tubulaire type Thalassinoides complètement silicifié, s’étendant horizontalement et en profondeur.
La partie supérieure de T7 se distingue nettement par la présence de silex et plus particulièrement de 3 niveaux très épais, ici dénommés « silex Ste Hélène 1 à 3 ». Les niveaux 1 et 3 sont quasi-continus sur la tranche et montrent bien les sections tubulaires des terriers horizontaux à partir desquels ils ont pris naissance. Le niveau 2 est discontinu et est généralement à l’origine
de terriers verticaux, dilatés par la silicification et créant des paramoudras. Ces objets de taille métrique hérissent localement le platier lorsque l’érosion a dégagé leur gangue crayeuse. Le silex Ste Hélène 3 correspond au silex Annis’s Knob / Breaky Bottom du SE du Devon.
Sous la marne sommitale Lewes se placent 3 niveaux de petits silex tubulaires (3 à 5 cm de diamètre) souvent creux au centre. La craie qui accompagne le dernier niveau est très riche en Micraster leskei.

T7
Intervalle T7
HG Senneville
Les hard-grounds Senneville
HG Senneville 2
Surface supérieure du HG Senneville 2
HG Senneville 3
Hard-ground Senneville 3
T7
Partie moyenne intervalle T7
terrier vertical
Terrier silicifié
silex inf Lewes
Silex inférieurs Lewes
Bathichnus
Silex de type Bathichnus dégagé sur le platier

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