Mega_inondation

La Méga-inondation

Autour de grands détroits comme celui de Gibraltar et celui du Bosphore sont bâties certaines théories proclamant la rupture brutale d’un isthme.
La théorie selon laquelle le détroit du Pas-de-Calais était le résultat d’une inondation massive est assez ancienne, mais les travaux de scientifiques de l’Imperial College London et du Bureau hydrographique du Royaume-Uni ont apporté un certain nombre de preuves. En utilisant une certaine technologie de sonar, ils ont cartographié de manière pénétrante les fonds de la Manche et identifié une énorme vallée de 15 kilomètres de largeur et de 50 mètres de profondeur. Pour produire une vallée de cette échelle, il faut une grande quantité d’eau et celle-ci a dû provenir du lac glaciaire formé au cours de la glaciation elsterienne précédemment évoqué.

Une mise à jour (Communication à Nature, publiée en-ligne le 4 avril 2017) a précisé que l’ouverture de la Manche s’est effectuée en deux temps.

Région explorée par Sanjeev Gupta and Jenny Collier, figure extraite de Physics Today, 2007
Vallée formée par la méga-inondation, extrait de Sanjeev Gupta and Jenny Collier

Au fond de cette vallée, on distingue un certain nombre de relief, ayant l’aspect d’îles allongées dans le sens de la vallée. Leur forme hydrodynamique qui réduit la friction entre le fond solide et l’eau n’a pu se réaliser que sous l’action d’un fluide très puissant.

Iles allongées dans le sens du courant, extrait de Sanjeev Gupta and Jenny Collier

Des cannelures linéaires profondes incisent le fond sous-marin où celui-ci est plus tendre. Elles pourraient avoir être provoquées par des tourbillons dans un flot turbulent et torrentiel, transportant de gros blocs.

ncisions marquées par les bandes violettes sur cette image d’après Sanjeev Gupta and Jenny Collier

L’équipe estime que le flot deversé avait un débit entre 200 000 et un million de m3/s.

Le déferlement gigantesque d’eau douce dans l’Atlantique a probablement induit une période de refroidissement climatique dans l’hémisphère nord.
Les chercheurs de l’équipe pensent qu’une seconde inondation massive s’est produite vers -150 000 ans séparant définitivement la France de l’Angleterre. D’après des résultats MAR et du rapport Ti/Ca, les deux événements dateraient respectivement de -455 ka et -150 ka.

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