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Tempêtes mémorables

La Manche n’est pas une mer calme et les falaises cauchoises ont subi des épisodes de fortes tempêtes :

  • 26 et 27 décembre 1999 (territoire national)
  • 3 janvier 1999 (Fécamp)
  • 2 janvier 1998 (Fécamp)
  • 11 novembre 1992 (Fécamp)
  • 25 octobre 1992 (Fécamp)
  • 30 août 1992 (Fécamp)
  • 1 mars 1990 (Fécamp)
  • 27 février 1990 (Etretat)
  • 11 février 1990 (Fécamp)
  • 15 et 16 octobre 1987 (Manche)
  • 22 novembre 1984 (Etretat)
  • 22, 23 et 24 janvier 1984 (Fécamp)
  • 12 janvier 1978 (Fécamp)
  • 12 novembre 1977 (Fécamp)
  • 31 octobre 1967 (Fécamp)
  • 30 janvier 1961 (Fécamp)
  • 9 décembre 1957 (Fécamp)
  • 27 janvier 1957 (Fécamp)
  • 16 novembre 1929 (Saint-Valéry-en-Caux)
  • 3 octobre 1923 (Dieppe, Fécamp, Le Havre)
  • 28 et 29 août 1916 (Le Havre)
  • 13 novembre 1913 (Dieppe, Fécamp, Le Havre)
  • 12 janvier 1899 (Fécamp)
  • 23 janvier 1890 (Fécamp)
  • 12 mars 1876 (Fécamp)
  • Juillet 1845 (Le Havre).

Comme on le constate, les fortes tempêtes se produisent surtout pendant l’hiver. Localement, les effets dévastateurs sont la conjugaison de l’action du vent (vitesse au carré, direction, durée) agissant sur le fetch, d’une marée haute de vives-eaux et d’une surcote du niveau marin liée à la la pression barométrique (une baisse de pression de 1 hPa entraîne une élévation d’un cm du niveau marin local). Il se produit ce qu’on appelle une « onde de tempête ».
Dans la mémoire encore vivante, la tempête du 27 et 28 février 1990 fut une des plus dramatiques. Dans la nuit de mardi 27 au mercredi 28, vers 2 heures du matin, aidées par un coefficient de marée de 108 et des vents de nord-ouest de 130 km/h, les vagues surmontent le perrey et envahissent le village. Deux cents habitations vont être dévastées. Le 1er mars, le président François Mitterrand et Jean Lecanuet viennent constater sur place les dégâts. La presse titra : « Et quand Dieu est arrivé, la tempête s’est arrêtée … » (les humoristes de l’époque affublaient le chef de l’état de ce sobriquet).

Tempête du 27 février 1990 – cliché Claude-Samuel Lévine

A côté des inondations sur 800 à 1000 mètres, une partie des galets furent projetés et s’échouèrent jusqu’à quelques centaines de mètres de leur position primitive. Inversement, lors du reflux, les galets gagnèrent les zones plus profondes et l’estran fut presque entièrement dénudé de ses célèbres silex roulés. Entre le village d’Etretat et la Porte d’Aval, le hardground Tilleul qui constitue le platier fut complétement dégarni jusqu’à la falaise. Cet immense trottoir, zébré dans deux directions par les joints conjugués, donna pendant quelque temps un air de chaussée romaine. Le socle de la falaise montrait alors très bien l’encoche de la marne Glynde 1.

Entre blockhaus et Porte d’Aval – Falaise et platier dégarni de galets – tempêtes de février 1990 – cliché de Claude Samuel Lévine
Base de la falaise, entre blockhaus et Porte d’Aval – Deux niveaux durs (HG Tilleul 2 et dolomie d’Etretat formant paliers – absence de galets – tempête de février 1990 – cliché de Claude-Samuel Lévine

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