Recul

Le recul des falaises

La falaise : une fin de vie pour la craie.
Les falaises (et plus particulièrement celles de craie) sont des formes relativement récentes dans l’histoire géologique. Elles datent approximativement des époques pléistocène (-2,6 millions d’années à -11430 ans) et holocène (-11430 ans à aujourd’hui), mais c’est à la suite du réchauffement suivant la dernière glaciation que la mer est remontée jusqu’à un niveau presque identique à l’actuel, vers -6000 ans, et que les falaises actuelles se sont véritablement formées.

Le Mur de l'Atlantique sapé à sa base
Le Mur de l’Atlantique sapé à sa base

La morphologie de type falaise vive littorale est typiquement liée aux périodes hautes du niveau marin, c’est-à-dire aux périodes chaudes de l’histoire terrestre. En effet, lorsque le niveau marin baisse, les éboulis ne sont plus évacués par la mer et forment un appui basal qui bloque la propagation des effondrements.
Le recul des falaises est aujourd’hui un phénomène rapide, car nous nous situons dans un épisode interglaciaire

Recul des falaises du Pays de Caux , modifié d’après Interreg IIIa, rapport scientifique final

Le rapport scientifique final d’Interreg IIIa a montré que, à l’échelle de la cellule ou de la sous-cellule hydrosédimentaire, les vitesses de recul des falaises sont comprises entre 0,08 à 0,28 m.an-¹. L’apport annuel par les falaises est de l’ordre de 1 million de m³.
4 secteurs géographiques ayant des vitesses de recul différentes sont distingués :

  1. d’ Antifer à Fécamp, le recul est faible 0,08 0,13 m.an-1;
  2. de Fécamp à Saint Valéry, le recul est modéré 0,19m.an-1;
  3. de Saint Valéry à Dieppe, le recul est fort 0,21 à 0,28 m.an-1;
  4. de Dieppe au Tréport, le recul est modéré 0,18 m.an-1.

Il existe une relation entre le type de craie et le recul des falaises.
Actuellement, le recul des falaises de Haute-Normandie est étudié dans le cadre du projet CLAREC, notamment à l’aide du lidar aéroporté.
Différentes méthodes ont été utilisées pour évaluer le recul de la falaise :

  • la comparaison du trait de côte sur les orthophotographies et les cartes historiques,
  • l’observation de la position des blockhaus construits pendant la seconde guerre mondiale,
  • la largeur du platier,
  • le rapport hauteur / longueur des valleuses perchées,
  • le laser embarqué,
  • la photogrammétrie par drone,
  • la mesure isotopique du béryllium.

Des solutions en vue de réduire le recul des falaises et d’atténuer les éboulements peuvent être prises. Il s’agit dans la quasi-totalité des cas de dispositifs destinés à briser la houle, au pied ou à distance de la falaise : enrochements de quartzites, tétrapodes ou cubes de béton, rideau de palplanches. Un remblai de plusieurs mètres de hauteur, protégé par une carapace d’enrochement, peut même être édifié. Cependant, toutes ces mesures n’ont qu’un caractère transitoire et il est nécessaire de les renforcer constamment. Dans certains cas, elle ne font que déplacer le problème en aval-dérive. Une étude géotechnique et hydrodynamique est indispensable au préalable.
Le coût très élevé des protections fait qu’elles sont réservées aux situations de péril important (quartier urbain ou route menacés), comme dans le passé à Criel , à Onival ou Pourville.

On pourra consulter sur le site ministériel Géolittoral :
– des cartes d’évolution du littoral haut-normand (document pdf)
– des données géoréférencées

Le site IGN Géoportail propose également un outil interactif « Remonter le temps« .

Articles et liens en relation avec le recul des falaises
Article Hénaff et al.