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Le milieu de formation des craies normandes

Les craies normandes se sont déposées au fond de la mer. Aujourd’hui, des boues crayeuses se sédimentent principalement au large dans les profondeurs océaniques du fait de la chute lente des coquilles de foraminifères planctoniques. Le haut niveau eustatique qui persiste pendant le Crétacé supérieur fait que ces conditions pélagiques se déplacent vers le continent. Au Crétacé, c’est donc dans les mers épicontinentales que se forme la craie. Un climat non-saisonnier minimise l’érosion sur le continent et favorise la pureté de la craie.
A son origine la craie était une boue constituée principalement de squelettes de nannoplancton. La profondeur de dépôt (espace d’accommodation) était plus ou moins grande. Dans certains secteurs subsidents, comme le graben de la Mer du Nord, la profondeur était grande et certaines craies ont un faciès turbiditique. Dans d’autres secteurs, comme en Touraine à proximité du Massif Armoricain émergé, le milieu est celui d’une plate-forme interne néritique. A la fin du Crétacé, du fait d’un regain d’activité de l’expansion océanique, le niveau moyen des océans et des mers a particulièrement augmenté. Les continents ont été largement submergés. Les bassins sédimentaires ainsi colonisés sont appelés des « mers épicontinentales » car elles reposent sur de la croûte continentale. Dans les parties centrales de ces mers régnaient des conditions de sédimentation pélagiques, c’est-à-dire celles réservées normalement à la haute mer ou à l’océan.
Il existe peu d’indices de courants forts, ayant une action érosive importante, exceptés les hard-grounds.
En dehors de la frange bordière des massifs anciens, les profondeurs admises pour la mer de la craie varient entre 100 et 600 mètres.
La mer de la craie européenne, extrait de Tallon (1976), d'après Aubouin (1968) Le modèle de milieu sédimentaire souvent adopté pour la craie est celui de la rampe carbonatée en domaine intracratonique (Surlyk et al., 2001; Frykman et al., 2004)

facies
Paléo-position des craies de Normandie par rapport aux craies du NW européen, d’après Frykman et al., 2004

On peut identifier (Lasseur, 2007) différentes zones depuis le rivage jusqu’à la haute mer, chaque zone étant caractérisée par une association biologique :

Zonation des faciès, modifié d’après Lasseur (2007)